VPN : Pourquoi Google ferme-t-il sa solution ? Les raisons à connaître et à comprendre

Google met fin au service VPN intégré à Google One, une décision effective dès l’été 2024. Ce retrait intervient alors que l’offre était incluse dans plusieurs abonnements payants, sans surcoût pour les utilisateurs. La firme justifie ce choix par une utilisation jugée insuffisante du service.

Cette fermeture soulève des interrogations sur la stratégie de Google concernant la protection des données en ligne et l’évolution des offres d’abonnement. Plusieurs alternatives restent disponibles sur le marché, avec des fonctionnalités et des niveaux de sécurité variables.

Google One VPN disparaît : un service qui n’a pas trouvé son public ?

Lancement discret en 2020, ambitions élevées : le VPN Google One promettait de protéger plus solidement les connexions Internet des abonnés à la solution de stockage cloud de Google. Ajout sans frais supplémentaires à l’abonnement, il devait chiffrer les échanges et masquer les adresses IP, tout en concurrençant des poids lourds déjà bien établis. Pourtant, l’enthousiasme n’a pas suivi. D’après les chiffres internes, le service, dont la fin est programmée pour juin 2024, n’a jamais vraiment décollé. Faible taux d’activation, absence d’élan : même proposé « gratuitement » pour les abonnés, le VPN n’a pas convaincu.

Ce manque d’intérêt s’explique facilement. D’un côté, le secteur du VPN est déjà saturé. Les spécialistes comme NordVPN, ProtonVPN ou ExpressVPN multiplient les innovations, proposent des protocoles maison (WireGuard, OpenVPN, NordLynx…) et soignent leur réputation avec des politiques no-log strictes et des infrastructures solides. Pour les utilisateurs exigeants, Google n’offrait ni la même profondeur technologique ni les mêmes garanties de confidentialité. La solution maison s’est retrouvée reléguée au second plan.

Ce retrait signe aussi une transition. Les régulateurs accentuent leur contrôle, la concurrence mise sur des technologies de chiffrement toujours plus avancées et l’écosystème se resserre autour d’acteurs capables d’apporter des preuves tangibles de leur fiabilité. Les abonnés Google One n’ont, pour la plupart, jamais activé le VPN, préférant opter pour des outils plus transparents et plus robustes, adaptés aux connexions vulnérables ou aux réseaux incertains.

Quels facteurs ont conduit Google à fermer son VPN ?

Face au mur d’une concurrence hyper spécialisée, le VPN Google One n’a pas su s’imposer. Depuis 2020, Google a tenté de le positionner comme un atout de son offre Google One. Pourtant, le service n’a séduit qu’une petite frange d’utilisateurs, même avec une intégration simple et sans frais additionnels.

Plusieurs raisons expliquent ce faible attrait. Sur un marché des VPN désormais mature, le public averti privilégie les logiciels spécialisés : NordVPN, ProtonVPN, ExpressVPN. Ces offres misent sur la confidentialité avancée, une large gamme de protocoles, une politique no-log stricte et des options sophistiquées (multi-hop, rotation d’IP). Google, de son côté, proposait un produit d’appoint, trop basique pour rivaliser avec les standards du secteur.

La pression réglementaire joue aussi. La surveillance de la sécurité et de la confidentialité en ligne s’intensifie, les autorités multiplient les exigences. Les généralistes, comme Google, recentrent leur stratégie sur leur cœur de métier. Difficile de justifier la maintenance d’un VPN peu sollicité alors que le marché réclame des garanties techniques pointues.

Innovation technologique, exigences grandissantes des utilisateurs, consolidation du secteur : seuls les spécialistes dotés d’équipes dédiées et de réseaux puissants tiennent la distance. Le VPN Google One, simple fonctionnalité greffée à une offre globale, ne pouvait rivaliser dans ce contexte.

Utilisateurs concernés : quelles conséquences concrètes à prévoir ?

La fermeture du VPN Google One, annoncée pour juin 2024, concerne d’abord ceux qui utilisaient ce service en complément de leur abonnement cloud. Pour ces abonnés, la suppression sera nette : plus de tunnel sécurisé via Google One, retour à une navigation sans chiffrement dédié par Google. Les données circuleront donc à nouveau sans cette couche de protection, exposant la navigation à l’analyse par les fournisseurs d’accès ou d’autres tiers. Les enjeux de confidentialité et de protection des données personnelles se posent alors de nouveau, de façon très concrète.

Du côté des détenteurs de Pixel 7, 7 Pro, 7a et Fold, Google a prévu une transition plus douce. Le Pixel VPN by Google devient une fonctionnalité native de l’appareil. Ce prolongement, toutefois, ne concerne qu’une minorité d’utilisateurs : la majorité devra trouver une alternative, souvent plus avancée sur le plan de la sécurité (multi-hop, politique no-log stricte, gestion active des fuites DNS/WebRTC).

Ce retrait pousse de nombreux utilisateurs à reconsidérer leurs habitudes. Le mode incognito des navigateurs (Chrome, Firefox, Safari, Opera) n’offre qu’une protection limitée : il ne masque pas l’activité aux yeux des sites ou des FAI. Désormais, la confidentialité dépend du choix d’un fournisseur VPN reconnu, de protocoles robustes, d’une gestion rigoureuse des paramètres réseau (chiffrement, DNS privés).

Le marché, déjà dominé par les spécialistes, va donc accueillir de nouveaux profils en quête de garanties solides. Les plus prudents réévalueront sans doute leur arsenal numérique : pare-feu, antivirus, contrôle des accès réseau… chaque outil devra être passé au crible.

Jeune femme au arrêt de bus utilisant son smartphone pour VPN

Panorama des alternatives fiables pour remplacer le VPN Google One

Pour choisir un remplaçant sérieux au VPN Google One, il faut examiner de près les fonctionnalités et les garanties de chaque acteur, loin des discours marketing. Dans ce secteur dominé par la spécialisation, NordVPN fait figure de référence avec une infrastructure solide, plus de 6300 serveurs répartis dans 111 pays, politique no-log, protocoles propriétaires (NordLynx, NordWhisper) et technologie Mesh. Les options comme le split tunneling ou la gestion avancée des fuites DNS/WebRTC répondent aux attentes de confidentialité les plus strictes.

Pour ceux qui privilégient l’open source, ProtonVPN se distingue grâce à son infrastructure Secure Core et son protocole Stealth, conçu pour résister à la censure et protéger les échanges sensibles. Sa formule gratuite, sans publicité ni restriction de données, séduit les profils en quête de transparence absolue. ExpressVPN mise pour sa part sur la rapidité et l’innovation : protocole Lightway, changement d’IP dynamique, chiffrement post-quantique pour les utilisateurs les plus exigeants.

Des solutions plus accessibles comme CyberGhost ou KeepSolid multiplient les serveurs, intègrent le blocage automatique des publicités et des malwares, ainsi qu’une protection active contre les fuites DNS. Pour des besoins d’anonymat extrême, Orbot via Tor va encore plus loin, au prix d’une latence nettement supérieure.

Voici les critères à comparer pour choisir une alternative adaptée :

  • Protocole : WireGuard, OpenVPN, NordLynx, Stealth.
  • Fonctionnalités : kill switch, serveurs multi-hop, IP dédiée, protection avancée contre les fuites DNS/WebRTC.
  • DNS tiers : Cloudflare, Quad9, DNS Watch, UncensoredDNS pour renforcer la résilience et la neutralité des requêtes.

Face à la chasse aux VPN menée par les plateformes de streaming, la rotation automatique d’IP, les serveurs résidentiels ou l’obfuscation deviennent des arguments décisifs pour contourner les blocages. Le marché évolue vite, sous la pression d’utilisateurs exigeants et d’innovations permanentes. Fin du VPN Google One, mais pas du besoin de confidentialité : la bataille pour la sécurité numérique ne fait que commencer.